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Chapitre
III. UNE HISTOIRE DU DESSIN DE PRESSE EN BELGIQUE
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Le
dessin de presse politique et social, particulièrement
au XIXème siècle, est un genre qui s'apparente au
pamphlet. Avec verve, esprit et simplification outrancière,
le pamphlet fouaille, stigmatise, tourne en ridicule, appelle
au combat mais aussi dévoile, éclaire, explique.
Pendant plusieurs siècles, il reste l'instrument privilégié
de la contestation, talonné par les gravures, estampes
et eaux-fortes dont la popularité ne cesse de croître
durant les XVIème et XVIIème siècles, au
rythme des modifications territoriales et tutélaires opérées
par les grandes familles d'Europe Occidentale. Ainsi, le passage
en 1714 de nos contrées sous domination autrichienne suscite
un climat de controverse propice aux velléités contestataires
et conduit à l'arrivée au pouvoir du despote éclairé
Joseph
II qui, avec son général d'Alton, figurera parmi
les plus fustigés par les caricaturistes jusqu'à
l'indépendance des Etats-Belgiques-Unis
en 1790. Quelques années plus tard, l'aide de la France
contre les Autrichiens et la modernisation apportée par
l'Empire préservera
Napoléon de l'acidité des crayons, avant qu'il
n'en vienne à lever des impôts et à exiger
des contingents d'hommes. Ensuite, l'ardeur se tournera vers le
peuple hollandais transformé en démon fromager,
et vers la famille d'Orange-Nassau,
représentée en ménagerie entourée
des rats ministériels.
Conclusion
Ce détour préalable
par une histoire du dessin de presse nous a permis de dégager
l'origine de ses principales composantes que sont la satire, la
contestation, la lutte aux côtes du peuple, son indéfectible
lien avec la presse écrite et sa forme actuelle proche
du "cartoon". Ce qu'il faut retenir de cette première
partie est la présence permanente du dessin de presse au
cur des événements qui ont secoué des
pays comme la France et la Belgique, sa position en premières
lignes des querelles idéologiques, sa fonction de vulgarisation
des débats politiques et de relais du public auprès
du pouvoir. Enfin, il nous faudra garder à l'esprit cette
grande période de la presse satirique de la deuxième
moitié du XIXème siècle dont l'essor fut
favorisé par un climat socio-politique tendu.
La suite de notre travail aborde une multitude de caractéristiques
des dessins de presse actuels et de leurs auteurs qu'il aurait
été intéressant de confronter avec le dessin
d'antan. Peut-être un auteur mènera-t-il un jour
ce type d'étude comparative au niveau de la Belgique et
mettra-t-il en valeur cette différence déconcertante
entre l'engagement politique démesuré des caricatures
de la fin du XIXème siècle et le ton sympathique
des cartoons actuels. Comme nous allons le voir, les marges de
manuvre des dessinateurs sont aujourd'hui bien restreintes
et les tendances bien tempérées, ce qui n'est pas
sans influence sur la forme et le contenu des dessins de presse.
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