|
|
|
Principe
de base
Dans le cas d'une collaboration entre un illustrateur et une publication,
sauf accord particulier et explicite entre les parties, l'auteur ne cède
que les droits de reproduction de son oeuvre, non cette oeuvre elle-même
qui reste sa propriété. Sauf accord particulier et explicite,
cette cession de droits est limitée et exclusive.
Droits
d'auteur
En Belgique, la reproduction des oeuvres visuelles est soumise à
la Loi du 30 juin 1994 sur les droits d'auteur et droits voisins. La connaissance
des principales dispositions de cette loi (parue au Moniteur belge du 27
juillet 1994) effacera tout équivoque quant au bon fonctionnement
d'une collaboration. Outre ces "obligations légales", les
accords entre auteurs et utilisateurs (clients) sont assortis de plusieurs
règles - implicites et généralement bien acceptées -
prévues par les premiers et relatives au respect de leurs oeuvres.
Elles sont décrites ci-dessous sous le terme l'appellation "obligations
contractuelles".
1.
Autorisation préalable
Toute utilisation d'une oeuvre est soumise à l'accord de son auteur
ou ayant droit. L'étendue de la cession des droits doit être
décrite intégralement sur le contrat, le bon de commande ou
la facture. Dans le cas contraire, elle est réputée inexistante
et donc interdite.
EN PRATIQUE
Une
autorisation orale de l'auteur suffit. Celui-ci doit être consulté
avant tout usage non prévu initialement.
INDEMNISATION
En cas de reproduction sans autorisation, l'auteur est en droit de réclamer
une indemnisation de 200% du droit de reproduction, avec un minimum de 123,
95 € (anc.5.000 BEF) par reproduction.
2.
Mention du nom
Obligatoire, celle-ci doit être correcte, lisible et sans équivoque.
Si l'illustration est signée, la signature ne peut être effacée,
ni même tronquée ou rendue illisible.
EN PRATIQUE
Si le dessin doit être réduit ou modifié, la signature
étant rendue illisible ou absente, l'utilisateur veillera à
rajouter le nom de l'auteur, typographié. Si la disparition ou l'altération
de la signature est accidentelle, un mot d'explication sera de bon ton.
Eventuellement, l'éditeur consentira à republier le dessin
correctement.
INDEMNISATION
Quand une oeuvre est reproduite sans signature, l'auteur est en droit de
réclamer une indemnisation de 100% du droit de reproduction, avec
un minimum de 123, 95 € (anc.5.000 BEF) par reproduction. Quand l'illustration
est reproduite avec une fausse signature, le montant passe à 300%,
avec un minimum de 247,89 € (anc.10.000 BEF) par reproduction.
3.
Respect de l'intégrité de l'oeuvre
L'utilisateur ne peut modifier une illustration sans l'autorisation préalable
de l'auteur.
EN PRATIQUE
Si une partie du dessin doit absolument être tronquée pour
des raisons évidentes de mise en page, s'il doit être modifié
pour son contenu, si une légende (ou un phylactère) doit être
corrigée ou un détail effacé ou modifié, l'éditeur
aura cure de justifier son geste lors d'un contact avec l'auteur. Si l'altération
de l'oeuvre est accidentelle, un mot d'excuse et éventuellement la
republication correcte seront appréciés ...
INDEMNISATION
En cas de transformation ou de toute autre violation de l'oeuvre pouvant
porter atteinte à la réputation de l'auteur, il est prévu
une indemnisation de 200% du droit de reproduction, avec un minimum de 123,
95 € (anc.5.000 BEF) par reproduction. En cas de détérioration
ou de perte d'une oeuvre, il est prévu une indemnisation de 1.239,47
€ (anc.50.000 BEF) par oeuvre originale et de 247,89 € (anc.10.000
BEF) par duplicata.
1.
Restitution des oeuvres fournies
Sauf disposition contraire entre les parties, les oeuvres livrées
restent la propriété de l'auteur et doivent, après
usage, lui être retournées dans les plus brefs délais.
2.
Envoi d'un justificatif
Il appartient à l'utilisateur de fournir gratuitement à l'auteur,
dans les dix jours qui suivent l'impression ou la publication, un exemplaire
justificatif du support dans lequel les oeuvres ont été reproduites.
3.
Responsabilité de l'utilisateur
L'utilisation des oeuvres fournies n'engage que la seule responsabilité
de l'utilisateur. Il est le seul responsable des autorisations nécessaires
se rapportant aux personnes et aux oeuvres représentées sur
ces documents. Il est également seul responsable des textes et légendes,
ainsi que du contexte dans lequel les oeuvres sont utilisées.
L'étendue de la cession des droits de reproduction doit être décrite de manière aussi précise et restrictive que possible. C'est donc pour se prémunir de tout usage abusif de son oeuvre que l'auteur ajoute, après la description des droits cédés, la mention "Tous les autres droits réservés".
Critères
Le prix des droits de reproduction est basé sur différents
critères tels que :
|
EN PRATIQUE
Si l'on peut se référer à certains
tarifs "officiels" - en tout cas reconnus comme tels -
comme ceux édités par la SOFAM, il reste que les barèmes
sont à conclure de gré à gré avec les responsables
de publication, lesquels ont généralement un tarif plus ou
moins uniforme pour l'ensemble des collaborateurs graphiques. Ceux-ci, tout
comme leurs clients, ne passent évidemment pas leur temps à
adapter les barèmes en fonction de toutes ces variables.
Pour les caricatures, les critères le plus fréquemment pris
en compte sont : - couleurs ou noir et blanc
- couverture ou pages intérieures
Ainsi
que parfois :
- le nombre de dessins (application de tarifs dégressifs, forfait)
- la réalisation d'esquisses préalables
Mais le
plus souvent :
- la renommée de l'artiste
- le potentiel financier des publications
- leurs capacités respectives à négocier !
TVA
et Droits d'auteur
Lors de
la facturation, il convient de faire la distinction entre les différents
types de frais qui sont d'ailleurs facturés à des taux de
TVA différents :
- droits d'auteur (cession de droits de reproduction, droits d'exposition,
etc.) : 6%
- frais techniques (honoraires, frais de réalisation et de déplacement,
etc.)
EN PRATIQUE : Vente de l'oeuvre : 21%
- cession de droits de reproduction dans le cadre d'un contrat d'édition :
0%
La loi sur les droits d'auteur prévoit que la cession des droits doit être interprétée de façon restrictive. C'est la raison pour laquelle la cession concerne généralement une seule utilisation. Dans certains cas, la cession exclusive ou globale est possible, moyennant - comme toujours - une négociation préalable entre les parties.
1ère
formule : Autorisation unique de reproduction (Licence)
L'auteur vend à son client les droits sur son oeuvre pour une ou
plusieurs utilisations bien définies, tout en gardant tous les autres
droits. La Licence n'est pas exclusive ni globale et devrait être
décrite de manière aussi précise et restrictive que
possible.
EN PRATIQUE
Dans certains cas, il convient de sacrifier quelque peu de "sûreté"
à la faveur d'un rapport plus décontracté avec les
clients. En effet, une attitude "rigoriste" de la part d'un auteur
risque d'agacer le client régulier ou d'effrayer le client potentiel.
Le souci de protéger correctement ses oeuvres peut aussi être
interprété comme un manque de confiance en l'acheteur ou être
attribué un tempérament bileux et présomptueux! A ceux
qui pensent cela, je répondrais que cette description plus ou moins
minutieuse des conditions de collaboration satisfait ceux - dont je suis
- qui préfèrent la rectitude et la clarté au "flou
artistique", à l'origine, parfois, de bien des malentendus!
La connaissance de ces principes par les deux parties est, selon moi, un
préalable nécessaire à des rapports plus détendus
tandis que la démarche inverse consistant à "resserrer
la vis" est plutôt mal comprise et mal perçue. Par ailleurs,
les abus fréquents en matière de reprographie et le manque
patent de scrupule de la part de certains responsables de publication motive
de plus en plus une attitude restrictive.
En résumé, ces garanties sont importantes et si elles ne sont
le plus souvent qu'évoquées par les auteurs, il est impératif
qu'elles soient connues des utilisateurs. Quant au respect des accords entre
parties, il tire sa substance dans une disposition d'esprit soucieuse de
déontologie journalistique et d'honnêteté intellectuelle.
2ème
formule :Cession exclusive de droits
L'auteur vent à son client les droits sur son oeuvre pour une utilisation
bien définie et il ne peut plus les revendre à des tiers pour
une même ou semblable utilisation. Il garde cependant tous les autres
droits sur cette oeuvre. La cession exclusive est négociée
à un minimum de 300% du droit de base.
3ème
formule :Cession globale des droits
L'auteur vent à son client les droits sur son oeuvre pour toutes
utilisations possibles. Il perd donc tous les droits sur cette oeuvre. La
cession globale des droits est négociée à un minimum
de 500% du droit de base.
Dans certains cas, l'auteur peut comptabiliser des frais supplémentaires qui sont indépendants des frais de réalisation techniques et des droits d'auteurs.
Frais
de recherche
Lorsque l'utilisateur demande au dessinateur de faire une recherche thématique
dans ses archives et que les oeuvres recherchées ne sont pas reproduites,
il peut être invité à payer les frais de recherche fixés
à 36,18 € (anc.1.500 BEF) par thème.
Droit
de garde
Lorsque l'utilisateur conserve les oeuvres au-delà du délai
convenu, il peut se voir réclamer un droit de garde fixé à
6,20 € (anc.250 BEF) par oeuvre et par semaine.
Droit
de documentation
Lorsque l'utilisateur souhaite garder les oeuvres dans ses propres archives,
sans qu'il ait obtenu un droit de reproduction, il peut être amené
à payer un droit de documentation fixé à 2,48 €
(anc.100 BEF) par oeuvre.
EN PRATIQUE : ces dispositions concernent davantage les photographies.
Quoique négociable dans certains cas, les frais de recherche ainsi
que les droits de garde et de documentation entrent rarement en ligne de
compte.
Rédigé
sur base du bulletin de la SOFAM (Société
multimédia des Auteurs des Arts visuels),
Tarifs 1999-2000, Bruxelles, 1999.
©Jean-Philippe Legrand. (à l'exception de certains passages
©SOFAM)
***
|
|
||||||||
|